Combiner la surveillance en santé publique aux données cliniques pour anticiper la demande en soins de santé et mieux s’y préparer.
Points clés
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Un début précoce de la saison grippale 2026-2027 : au Canada, la saison grippale a commencé dès le début du mois d’octobre cette année. Toutefois, un début précoce ne signifie pas nécessairement un pic d’activité plus tôt.
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Un lien étroit entre l’activité grippale et la demande de soins : sur 4 saisons grippales, le nombre de consultations chez Dialogue pour des symptômes respiratoires a atteint son niveau le plus élevé dans un délai de 1 à 2 semaines suivant le pic d’activité national de l’influenza.
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Un pic d'activité attendu en décembre : les consultations pour des symptômes respiratoires chez Dialogue dépassent déjà de 32 % leur niveau habituel hors saison et pourraient presque doubler d’ici décembre.
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Une occasion de se préparer : combiner les données de surveillance de la santé publique et les données cliniques permet de mieux prévoir les périodes de pointe des maladies respiratoires. Les équipes de soins peuvent ainsi planifier leurs ressources en conséquence, tandis que la population est mieux outillée pour prendre des décisions éclairées en matière de prévention et de recours aux soins.
Ce que nous observons
Au Canada, la saison grippale débute généralement entre la mi-novembre et la fin novembre, et l’activité grippale augmente à mesure que l’hiver approche. Cette année, par contre, la saison 2026-2027 a commencé 5 semaines plus tôt qu’à l’habitude, au début du mois d’octobre. Une saison qui commence plus tôt n’atteint pas nécessairement son pic plus tôt, mais cela indique que les virus respiratoires circulent déjà à l’approche des mois plus froids.
En date du 24 octobre, 7,6 % des tests de dépistage de la grippe effectués à l’échelle nationale étaient positifs, selon l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) [1], comparativement à 6,2 % la semaine précédente. Cette hausse témoigne d'une progression de l’activité grippale partout au pays. Le taux de positivité a également dépassé le seuil de 5 % utilisé par l’ASPC pour signaler le début de la période d’épidémie de l’influenza. Cela ne signifie toutefois pas que l’activité grippale a atteint son pic. Les taux de positivité peuvent continuer d’augmenter tout au long de la saison et atteindre 20 à 30 %, voire davantage, lors des saisons grippales particulièrement actives.
L’influenza n’est pas le seul virus en circulation cet automne. La COVID-19 continue de se propager partout au pays, tandis que l’activité du virus respiratoire syncytial (VRS) demeure faible. Avec plusieurs virus en circulation, le nombre de personnes malades et la demande de soins peuvent augmenter à mesure que la saison des virus respiratoires avance.
Ces premiers indicateurs nous donnent l’occasion d’anticiper la demande en soins de santé et de mieux se préparer à une hausse de l’activité, plutôt que de simplement y réagir une fois qu’elle survient.
De la surveillance à la prévision
La surveillance en santé publique permet de suivre la circulation des virus au sein de la population. Les données cliniques, comme le volume de consultations liées aux symptômes respiratoires et les motifs de consultation, offrent un aperçu plus concret des répercussions de ces tendances sur la population. Elles permettent de voir à quel moment davantage de personnes présentent des symptômes suffisamment importants pour consulter un(e) professionnel(le) de la santé et de comprendre comment cela se traduit par une hausse de la demande en soins de santé.
Chez Dialogue, nous avons analysé nos demandes de consultation liées aux symptômes respiratoires partout au Canada sur une période de 4 saisons grippales, de 2022 à 2026, et les avons comparées aux données nationales de surveillance de l’influenza. Les tendances observées suivaient des profils très similaires au cours de 3 des 4 saisons analysées, avec de fortes corrélations (de 0,87 à 0,95, où 1,0 représente une corrélation positive parfaite). 2024-2025 était la seule saison où la corrélation était plus faible (0,65), le VRS ayant joué un rôle plus important dans la demande de soins pour des symptômes respiratoires [2].
Nos données ont également mis en évidence un lien étroit entre l’activité de l’influenza et le volume de consultations. Au cours des 4 saisons grippales analysées, les consultations pour des symptômes respiratoires (comme la fièvre, la toux, le mal de gorge, les douleurs sinusales et la congestion nasale) ont atteint leur volume maximal dans un intervalle de 1 à 2 semaines après le pic d’activité national de l’influenza. Pendant cette période, le volume de consultations était de 80 % à 135 % supérieur aux niveaux habituels hors saison (voir la figure 1).
Les demandes de soins respiratoires atteignent généralement un sommet à la mi-décembre, à environ deux fois plus qu'en période creuse
Demandes de soins respiratoires hebdomadaires, % au-dessus de la moyenne d'avril à septembre 2026, réelle par rapport au 30 octobre, et trois scénarios. Axes de droite : par rapport à 1 000 membres).

FIGURE 1 : Demande de soins respiratoires chez Dialogue et activité grippale à l’échelle nationale, de 2022 à 2026
Cette analyse s’appuie sur l’expérience de Dialogue, qui a réalisé plus de 2 millions de consultations cliniques partout au Canada au cours de cette période. Bien que les symptômes respiratoires ne soient pas tous attribuables à la grippe, et que nos données ne permettent pas à elles seules de prédire la transmission virale, ces tendances complètent la surveillance de la santé publique et nous aident à anticiper les changements dans la demande de soins de santé.
Ce que nous prévoyons pour cet hiver
Dès la fin octobre cette année, la demande en soins respiratoires de Dialogue était déjà supérieure de 32 % à sa moyenne hors saison et de 19 % plus élevée par membre qu’à la même période l’an dernier [3].
En nous appuyant sur les saisons grippales précédentes et sur ce que nous observons jusqu’à présent cette année, nous prévoyons que la demande en soins respiratoires atteindra son sommet du début à la mi-décembre, à environ le double de son niveau habituel. Toutefois, la période la plus achalandée pourrait survenir à tout moment entre la fin novembre et février (voir la figure 2).
Les demandes de soins respiratoires chez Dialogue atteignent un sommet avec l’activité grippale, de 80 % à 135 % au-dessus de la moyenne, chaque saison
Demandes de soins respiratoires chez Dialogue, en % au-dessus de la moyenne d’avril à septembre de la saison précédente (octobre à avril illustré), par rapport au pourcentage de tests de grippe positifs selon l’ASPC

FIGURE 2 : Demande de soins respiratoires observée et 3 scénarios de prévision pour 2026-2027
Ces prévisions seront affinées à mesure que de nouvelles données seront disponibles, notamment en fonction de l’évolution de la transmission de l’influenza et des autres virus respiratoires, qui influencent le moment et l’ampleur de la demande de soins.
Dans le domaine de la santé, la valeur d’une prévision réside dans sa capacité à anticiper la demande suffisamment tôt pour répondre aux besoins de la population et permettre aux personnes d’obtenir les soins appropriés au moment où elles en ont besoin.
Un système de santé déjà sous pression
La saison des infections respiratoires de cette année arrive à un moment où certaines régions du Canada font déjà face à d’importants enjeux de capacité dans le réseau de la santé. Par exemple, à la fin octobre, plusieurs urgences du Québec affichaient un taux d’occupation des civières supérieur à 120 %, avant même le pic d’activité grippale anticipé [4].
Les infections respiratoires entraînent une hausse des visites à l’urgence et des admissions à l’hôpital, mais l’engorgement reflète également le manque de lits et les difficultés liées au cheminement des personnes malades dans le système hospitalier. Lorsque les capacités sont déjà fortement sollicitées, même une augmentation modérée du nombre de patient(e)s peut accentuer la pression.
Selon l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), environ 9 % des visites aux services d’urgence au Canada en 2023-2024 concernaient des problèmes de santé qui auraient pu être pris en charge par des soins primaires virtuels [5]. Cela ne signifie pas que toutes ces visites auraient pu être évitées ni que les soins d’urgence n’étaient pas nécessaires. Ces données mettent toutefois en évidence la possibilité d’offrir une évaluation et un accompagnement plus tôt, à l’extérieur de l’hôpital, afin d’aider certain(e)s patient(e)s à accéder à un niveau de soins mieux adapté à leur situation.
Les soins virtuels ne peuvent pas, à eux seuls, résoudre le problème de l’engorgement des hôpitaux. Cependant, un triage clinique bien conçu permet de prendre en charge à distance les problèmes de santé qui s’y prêtent, d’évaluer l’urgence des symptômes et de déterminer quand et où consulter en personne, tout en fournissant des conseils pratiques sur les autosoins dans l’intervalle. Il aide aussi à orienter les patient(e)s vers la ou le bon(ne) professionnel(le) ou le service de santé le mieux adapté à leurs besoins cliniques.
Transformer les données cliniques en actions concrètes
Chez Dialogue, nos équipes cliniques et opérationnelles examinent chaque semaine les données de surveillance de la santé publique en parallèle avec les tendances internes de nos consultations. Ces renseignements orientent la planification des capacités, la répartition du personnel selon la région et les communications avec nos clients et nos membres.
Toutefois, se préparer ne consiste pas simplement à augmenter le nombre de consultations. Il s’agit d’offrir les bons soins, par la ou le bon(ne) professionnel(le), au bon moment.
Notre modèle de soins primaires virtuels commence toujours par un triage intelligent, encadré par une supervision clinique humaine. Conçu et validé par nos clinicien(ne)s spécifiquement pour le triage en contexte de soins virtuels, il s’appuie sur des parcours structurés qui permettent de déterminer les problèmes de santé pouvant être pris en charge à distance et ceux qui nécessitent une évaluation supplémentaire ou des soins en personne.
Nos infirmier(ère)s clinicien(ne)s apportent un soutien supplémentaire au besoin. Iels communiquent avec toutes les personnes orientées vers les services d’urgence et sont également disponibles pour accompagner celles qui sont dirigées vers une évaluation en personne. Ces parcours représentent respectivement environ 7 % et 20 % de l’ensemble de nos consultations initiales [6]. Notre équipe infirmière effectue également des consultations dans le cadre de leur champ d'exercice, notamment pour fournir des conseils sur les soins à domicile et la gestion des symptômes.
Parmi les personnes qui consultent un(e) médecin ou un(e) infirmier(ère) praticien(ne), plus de 98 % n’ont pas besoin d’être orientées vers des soins en personne. Cela témoigne de notre capacité à prendre en charge virtuellement un large éventail de problèmes de santé courants, lorsque la situation clinique s’y prête. Environ 80 % des personnes qui consultent pour les 6 motifs de consultation les plus courants en soins primaires rapportent une résolution de leurs symptômes dans les 7 jours [7]. Ces résultats reflètent un modèle de soins soutenu par un triage clinique rigoureux, qui permet d’orienter les patient(e)s vers le niveau de soins le mieux adapté à leur situation, tout en utilisant efficacement les ressources du système de santé.
Pour les employeurs et les organisations avec lesquels nous travaillons, la préparation consiste également à favoriser la prévention et l’accès aux soins en temps opportun. Cela comprend la promotion de la vaccination, le soutien aux employé(e)s qui restent à la maison lorsqu’iels sont malades et l’accès à des renseignements fiables sur les mesures d’autosoins ainsi qu’à une évaluation clinique rapide, particulièrement pour les personnes à risque plus élevé de complications liées à la grippe.
Passer de la réaction à l’anticipation
La saison grippale met en lumière une possibilité plus vaste dans le domaine de la santé : utiliser les données non seulement pour comprendre ce qui se passe, mais aussi pour anticiper la suite. La surveillance de la santé publique permet de suivre quand et où les virus circulent, tandis que les données cliniques montrent comment cette circulation se traduit par une augmentation du nombre de personnes malades, du recours aux soins et de la demande de services.
Il est impossible de prévoir avec exactitude tous les pics d’activité virale. Toutefois, en combinant ces données, nous pouvons mieux anticiper les besoins, planifier les ressources cliniques et les effectifs et favoriser un accès rapide aux soins appropriés, au bon moment.
En fin de compte, mieux anticiper, c’est préparer le système de santé à soutenir les patient(e)s et à répondre aux besoins à venir.
Sources
- Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Rapport canadien de surveillance des virus respiratoires. 30 octobre 2026. Gouvernement du Canada. https://sante-infobase.canada.ca/surveillance-virus-respiratoires/
- Dialogue. Demandes de soins respiratoires et ORL (oreille, nez et gorge), données agrégées et anonymisées, 2022-2026. Les comparaisons historiques utilisent la période de référence d’avril à septembre de chaque saison (d’avril à septembre 2023 pour la saison 2022-2023).
- Dialogue. Demande de soins respiratoires et tendances saisonnières, 2025-2026. Analyse interne de l’activité clinique et de l’utilisation des services, octobre 2026. Données non publiées.
- Urgences Québec. Taux d'occupation des urgences par région. https://urgencesquebec.com/fr/tendances-regionales
- Institut canadien d’information sur la santé (ICIS). Soins primaires virtuels : répercussions et possibilités. 2 décembre 2025. https://www.cihi.ca/en/primary-and-virtual-care-access-emergency-department-visits-for-primary-care-conditions/virtual-primary-care-impacts-and-opportunities
- Dialogue. Données de triage et d’orientation en soins primaires. Données internes des services cliniques, 2026. Données non publiées
- Dialogue. Mesures des résultats rapportés par les patients en soins primaires : résolution des symptômes en sept jours. Rapport interne sur les résultats cliniques, 2026. Données non publiées.
À propos de Dialogue
Dialogue est le principal fournisseur canadien de soins de santé et de bien-être virtuels, offrant un accès rapide et sur demande à des soins de qualité. Grâce à son équipe de professionnels de la santé interne, la plateforme Dialogue sert les employeurs et les organisations qui priorisent la santé et le bien-être de leurs employés, leurs membres et leurs familles. La plateforme de santé intégrée de Dialogue est un guichet unique de soins de santé qui centralise tous les programmes dans une application unique et conviviale, offrant un accès aux services 24 heures sur 24, 365 jours par année, depuis un téléphone intelligent, un ordinateur ou une tablette. Dialogue est le premier et le seul fournisseur de soins virtuels à avoir obtenu l'agrément avec mention d'honneur d'Agrément Canada, une validation par un tiers des plus hauts niveaux de sécurité, de qualité et d'expérience des membres.
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Katherine Hackett
Spécialiste, Politiques publiques et communications
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