Par: Lisa Aybar le 26 février, 2021
Lisa Aybar

L’épuisement professionnel est devenu un problème majeur ces dernières années. Bien avant le début de la pandémie de COVID-19, la santé mentale des Canadien(ne)s au travail suscitait de plus en plus d’inquiétudes. Selon Statistique Canada, plus d’un travailleur sur quatre ressent beaucoup de stress. Sun Life note qu’en 2019, les problèmes de santé mentale étaient de loin la cause la plus fréquente des demandes de prestations d’invalidité de longue durée. La fréquence de ces demandes a augmenté de manière significative au cours des cinq dernières années, plus que tout autre type de demande. 

Après le début de la pandémie, Recherche en santé mentale Canada (RSMC) a lancé une série de sondages pour déterminer l’incidence de cette crise sanitaire sur les Canadien(ne)s. Le sondage mené en décembre 2020 révèle des niveaux d’anxiété (23 % des répondants) et de dépression (15 % des répondants) plus élevés qu’au plus fort de la première vague. 

La pandémie risque d’amplifier les problèmes existants en santé mentale et d’accroître l’épuisement professionnel. Selon le sondage de RSMC, l’isolement social et le stress lié au télétravail sont les principales causes du déclin de la santé mentale. De plus, les Canadien(ne)s ont peu de ressources en matière de santé mentale ou ne peuvent pas consulter leur médecin de famille aussi facilement qu’avant. 

Les résultats des sondages de RSMC suggèrent également que les conséquences de la pandémie sur la santé mentale pourraient perdurer : les Canadien(ne)s de moins de 55 ans ne pensent pas être en mesure de surmonter les difficultés liées à la COVID-19 aussi bien que les Canadien(ne)s plus âgé(e)s. La Commission de la santé mentale du Canada note que les répercussions sur la santé mentale de la population en général seront différées, complexes et de longue durée. 

Alors, que pouvez-vous faire pour protéger la santé de vos employé(e)s et de votre entreprise? Les organisations du monde entier se posent cette question, mais avec la quantité d’informations qui circulent sur le sujet, il est difficile de s’y retrouver. C’est pourquoi nous avons dressé une liste de conseils essentiels, fondés sur des données probantes, pour prévenir l’épuisement professionnel et l’absentéisme.

Quelles sont les causes de l’épuisement professionnel?

Le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) définit l’épuisement professionnel comme un état d’épuisement émotionnel, physique et mental causé par un stress excessif et prolongé. Les personnes qui en souffrent ont tendance à se sentir épuisées émotionnellement et incapables de fonctionner au travail et dans d’autres sphères de leur vie. Elles présentent parfois des symptômes physiques tels que fatigue, maux de tête, perte d’appétit et troubles du sommeil. Leur productivité et leur motivation diminuent; elles se sentent impuissantes, désespérées et amères.

Selon la psychologue Marielle Simard, D.Ps., quelques-uns des facteurs de risque courants de l’épuisement professionnel sont : 

  • Une charge de travail écrasante 
  • Un mauvais équilibre travail-famille
  • Des problèmes de communication
  • Le manque de soutien ou de reconnaissance
  • De mauvaises relations interpersonnelles 

Pour que les gens restent en bonne santé et productifs au travail, explique Marielle Simard, certains besoins psychologiques fondamentaux doivent être comblés : 

  • Autonomie (sentiment d’avoir le contrôle sur ses actions et capacité d’agir selon ses valeurs)
  • Compétence (sentiment de pouvoir atteindre ses objectifs, apprendre de nouvelles choses et surmonter les difficultés)
  • Appartenance (sentiment de relation avec les gens) 

Si ces besoins ne sont pas comblés, une personne vivra du stress et des problèmes de santé mentale, et cela pourrait mener à l’épuisement professionnel.

Heureusement, il existe des mesures que vous pouvez prendre pour améliorer la santé mentale des employé(e)s et prévenir l’épuisement professionnel et l’absentéisme.

Favoriser une bonne communication

Bon nombre de frustrations au travail sont causées par des problèmes de communication : ambiguïté des rôles, manque de reconnaissance, charges de travail ingérables. Une bonne communication est donc essentielle pour prévenir l’épuisement professionnel. Il est bon de demander aux gestionnaires de prévoir des rencontres individuelles avec les membres de leur équipe pour répondre à leurs questions et parler de leurs préoccupations. Si ces rencontres ont lieu sur une base régulière, les employé(e)s ont l’occasion de parler des difficultés auxquelles ils(elles) sont confronté(e)s au travail. Les superviseur(e)s peuvent alors mieux comprendre les besoins de chacun(e) et trouver des solutions aux problèmes avant qu’ils ne s’aggravent. Ces rencontres donnent également aux chef(fe)s d’équipe l’occasion de fournir de la rétroaction et de préciser les attentes concernant certaines tâches et le rendement en général. Non seulement les employé(e)s seront mieux équipé(e)s pour faire du bon travail, mais cela renforcera aussi leur sentiment d’appartenance en leur confirmant que leur voix est importante.

Comme l’explique Marielle Simard, une bonne communication au travail consiste à écouter activement et à poser des questions. L’objectif est de bien comprendre ce que quelqu’un essaie de dire et de répondre de manière respectueuse et constructive, sans jugement. Si vous pensez qu’une mauvaise communication est à l’origine de problèmes au sein de votre organisation, envisagez d’investir dans une formation en communication pour votre personnel, par exemple un atelier sur les compétences d’écoute active.

Il est également utile d’entamer une discussion avec vos chef(fe)s d’équipe sur les stratégies à adopter pour améliorer la communication pendant la pandémie. Les employé(e)s en télétravail peuvent subir un stress supplémentaire lié aux défis de la communication virtuelle. En l’absence d’une interaction en face à face et d’indices non verbaux, les messages peuvent être mal interprétés et les gens peuvent se sentir isolés de leurs collègues.

Garantir un équilibre travail-famille

En 2019, un sondage réalisé par l’agence de recrutement Accountemps révélait que les travailleurs et leurs gestionnaires citaient les charges de travail ingérables comme l’une des principales raisons de l’épuisement professionnel. Marielle Simard souligne que l’ampleur de la charge de travail et le mauvais équilibre travail-famille jouent sur le sentiment d’autonomie. Les gens ont l’impression de ne plus avoir le contrôle sur leur travail ou sur l’usage qu’ils font de leur temps. Bien que les heures supplémentaires soient parfois inévitables, il est important de veiller à ce que les employé(e)s ne soient pas constamment surchargé(e)s. Lorsque c’est le cas, il(elle)s se sentent obligé(e)s de travailler plus pour y arriver, ce qui cause du stress, de l’épuisement et du ressentiment. 

Si les longues heures de travail sont la norme dans votre organisation, c’est un changement profond de la culture d’entreprise qu’il faudra opérer. Vous devrez trouver la cause de cette situation et déterminer comment y remédier, par exemple en engageant de nouveaux employé(e)s ou en déléguant les tâches différemment. Une fois que vous aurez pris des mesures pour alléger les charges de travail, vous serez mieux à même de garantir l’équilibre travail-famille. En dissuadant les employé(e)s de consulter leurs courriels en dehors des heures de travail et pendant leurs jours de congé et en leur proposant des horaires flexibles et du télétravail, vous leur montrerez que vous respectez leur vie en dehors du travail et que vous reconnaissez leurs besoins.

Offrir des possibilités de promotion

Les personnes qui ont répondu au sondage d’Accountemps ont classé la stagnation de la carrière au troisième rang des facteurs contribuant à l’épuisement professionnel, et ce sentiment est partagé par Marielle Simard, qui affirme que les employé(e)s doivent atteindre leurs objectifs et apprendre de nouvelles choses afin de maintenir leur santé mentale au travail.

Déterminez si les employé(e)s de tous les échelons de votre organisation ont la possibilité d’évoluer et de parfaire leurs compétences. Il pourrait être utile de savoir pourquoi d’anciens employé(e)s très performant(e)s ont décidé de démissionner. Qu’auriez-vous pu leur offrir pour les persuader de rester? Quels types d’obstacles empêchent les gens de progresser dans votre organisation?

Pour montrer à vos employé(e)s que leur réussite vous tient à cœur, vous pourriez envisager de leur offrir un accès à des conférences ou à des ateliers de perfectionnement des compétences. Vous pourriez également mettre en place un programme de mentorat pour donner aux employé(e)s débutant(e)s la chance d’apprendre de leurs collègues plus expérimenté(e)s. Cela peut être un excellent moyen d’offrir aux employé(e)s de haut niveau un nouveau défi et une source de motivation.

Reconnaître les efforts au travail

« J’ai l’impression que mes efforts ne servent à rien. » Voilà une phrase que Marielle Simard entend souvent de ses patient(e)s qui ont des problèmes de santé mentale liés au travail. Il n’est pas surprenant que les employé(e)s qui ne se sentent pas valorisé(e)s soient moins motivé(e)s et engagé(e)s, ce qui entraîne une diminution de la productivité et un risque accru de problèmes de santé mentale et d’épuisement professionnel.

Les dirigeant(e)s peuvent reconnaître le dur labeur de leurs employé(e)s de plusieurs façons. Si la reconnaissance passe parfois par un simple « merci », vous pouvez aussi souligner les bons coups de l’employé(e) et son incidence positive sur l’organisation, afin de lui démontrer la valeur réelle de son travail. N’hésitez pas à parler des réalisations de vos employé(e)s à leurs collègues, car la reconnaissance publique aide les gens à se sentir valorisés.

Vous pourriez également mettre en place un programme de reconnaissance plus officiel ou présenter la candidature d’un(e) bon(ne) employé(e) pour un prix interne ou externe.

Veiller à ce que les employé(e)s puissent obtenir de l’aide

Lorsque les employé(e)s sont confronté(e)s à des niveaux de stress élevés, leur santé mentale peut rapidement se détériorer, ce qui augmente le risque d’épuisement professionnel. C’est pourquoi il est essentiel que vos employé(e)s aient un accès rapide et facile à du soutien en matière de santé mentale. Idéalement, votre programme de santé mentale en milieu de travail adoptera une approche proactive, en reconnaissant les employé(e)s à risque et en s’attaquant rapidement aux problèmes.

Le programme de santé mentale de Dialogue répond à ces besoins en proposant par courriel des conseils et des ressources sur des sujets tels que la gestion du stress et l’équilibre travail-famille, et en offrant l’accès à des tests de stress pour détecter les symptômes précoces. Cette approche proactive enlève un poids des épaules des employé(e)s qui hésitent à aller chercher de l’aide pour un problème de santé mentale en raison d’une stigmatisation persistante.

L’accès aux traitements est un autre élément essentiel à prendre en compte dans le choix d’un programme de santé mentale pour vos employé(e)s. Le programme de Dialogue offre un accès rapide aux soins virtuels : les patient(e)s n’ont pas à attendre des semaines ou des mois pour obtenir un rendez-vous, et ils(elles) peuvent parler avec un(e) thérapeute dans le confort de leur maison. Si vos employé(e)s peuvent accéder facilement à la thérapie, il y a de plus fortes chances qu’ils commencent à en suivre une et aillent jusqu’au bout. De plus, contrairement à de nombreux programmes d’avantages sociaux, Dialogue ne fixe pas de plafond de dépenses pour la thérapie. Les membres sont pris en charge par le(la) même professionnel(le) de la santé jusqu’à la fin du traitement. Lorsque les employé(e)s doivent payer de leur poche les soins de santé mentale, ils(elles) sont plus susceptibles d’arrêter le traitement prématurément, ce qui entraîne un risque élevé d’absentéisme. 

Étant donné que les besoins varient d’un(e) employé(e) à l’autre, votre programme de santé mentale doit également vous donner accès à une variété de professionnels de la santé, y compris des thérapeutes, des psychologues, des médecins et des infirmières praticiennes. Il est prouvé qu’une telle approche multidisciplinaire produit des résultats positifs. Une étude réalisée en 2020 auprès de patient(e)s inscrit(e)s au programme de gestion du stress et de bien-être de Dialogue pour traiter des troubles mentaux courants a révélé des améliorations significatives des symptômes de dépression et d’anxiété, ainsi qu’une réduction de la période d’absentéisme par rapport aux données du Rapport de contrôle et d’évaluation de l’assurance-emploi du Canada.

Préserver la santé mentale au travail n’est pas une mince affaire : il faudra déployer des efforts à tous les niveaux de votre organisation. Bien qu’il n’y ait pas de solution à court terme pour prévenir l’épuisement professionnel, il existe des mesures que vous pouvez prendre dès aujourd’hui pour créer une culture qui favorise un plus grand sentiment de bien-être pour tous les employé(e)s. L’adoption d’un programme de santé mentale en milieu de travail efficace constitue un bon point de départ. Les services de Dialogue ont eu un effet durable sur la vie des membres. Ces derniers sont en mesure de faire face au stress et de développer leur résilience tout en sachant qu’ils peuvent obtenir de l’aide quand ils en ont besoin.

Pour en savoir plus sur le programme de stress et santé mentale de Dialogue, cliquez ici

Thèmes: Pour les organisations