Par: Dre Sandra Primiano, psychologue le 22 août, 2024

Le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) définit l’épuisement professionnel comme « un état d’épuisement émotionnel, physique et mental causé par un stress excessif et prolongé ».

Les chiffres confirment ce que les leaders en RH observent déjà : 36 % des personnes qui travaillent au Canada rapportent des niveaux d’épuisement professionnel plus élevés qu'il y a un an, avec des charges de travail excessives, un soutien insuffisant de la part des gestionnaires et une culture organisationnelle toxique comme principales causes. Cela a des répercussions directes sur les entreprises. Les problèmes de santé mentale représentent la principale cause d’arrêts de travail à court et à long terme, et la forme d’incapacité la plus répandue chez les personnes âgées de 18 à 44 ans.

Pour les leaders en RH, il ne s’agit pas seulement d’une question de bien-être. C’est un enjeu de pérennité de la main-d’œuvre. Que peut-on faire pour prévenir l’épuisement professionnel avant qu’il ne mène à un arrêt de travail?

 

À quoi ressemble vraiment l’épuisement professionnel

L’épuisement professionnel se développe lentement, souvent masqué par la productivité et le dévouement. Lorsqu’il devient évident, les coûts sont déjà importants.

 

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Il vaut mieux repérer des tendances plutôt que des incidents isolés. Lorsque des changements d’humeur, de motivation ou de qualité du travail persistent pendant deux à quatre semaines, une conversation directe s’impose.

 

Pourquoi l’épuisement professionnel survient

Parmi les facteurs de risque les plus courants, on retrouve :

  • Une surcharge de travail

  • Un manque d’équilibre travail-vie personnelle

  • Des problèmes de communication

  • Un manque de soutien ou de reconnaissance

  • Des dynamiques interpersonnelles négatives

Pour que les personnes restent en bonne santé et productives, trois besoins psychologiques fondamentaux doivent être comblés au travail :

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Quand ces besoins ne sont pas satisfaits, le stress s’accumule et l’épuisement s’installe.

La théorie des demandes et des ressources au travail offre une perspective complémentaire. Elle montre que l’engagement demeure sain lorsque les ressources, comme l’autonomie, la rétroaction et le soutien social, sont équilibrées avec les exigences du travail, comme les délais serrés et la charge cognitive élevée. Lorsque les exigences dépassent constamment les ressources disponibles, même les personnes les plus motivées s’épuisent. Ce cadre est pratique parce qu’il déplace la question de « qui s’est épuisé ? » à « quelles conditions ont mené à l’épuisement ? », des conditions que les gestionnaires peuvent modifier et contrôler.

 

Cinq stratégies pour prévenir l’épuisement professionnel

1.  Créer une culture de sécurité psychologique

La sécurité psychologique est l’un des meilleurs prédicteurs d’équipes performantes et résilientes. Elle signifie que les personnes se sentent à l’aise pour soulever une préoccupation, admettre une erreur ou demander de l’aide, sans craindre d’être blâmées ou de subir des conséquences négatives.

Pour les gestionnaires, tout commence par leur façon de réagir lorsqu’une personne soulève un problème :

  • Remerciez-la, même si c’est inconfortable.

  • Reconnaissez ouvertement vos propres erreurs.

  • Sollicitez des avis avant de prendre des décisions qui touchent l’équipe.

  • Assurez-vous que les commentaires de l’équipe entraînent des changements visibles, pour renforcer l’idée que prendre la parole en vaut la peine.

Instaurer la sécurité psychologique, ce n’est pas éviter la responsabilisation. C’est permettre aux personnes de s’engager honnêtement dans une culture de responsabilisation, ce qui est bien plus efficace qu’une culture fondée sur la peur.

 

2. Mettre en place de courtes rencontres individuelles structurées

Les rencontres individuelles peuvent avoir une grande influence. Elles créent un espace régulier où les personnes peuvent soulever des préoccupations et poser des questions, permettant ainsi aux gestionnaires de détecter les signaux d’alerte avant qu’ils ne s’aggravent. Pour les équipes en télétravail ou en mode hybride, cela est d’autant plus important. Sans les indices de proximité, les malentendus s’accumulent et l’isolement s’installe discrètement.

Lors de ces rencontres, allez au-delà des mises à jour de projets. Posez des questions comme : « Comment est votre niveau d’énergie cette semaine? » ou « Qu’est-ce qui vous semble gérable ou lourd en ce moment? »

 

3. Normaliser le stress et modéliser la récupération

Le ton est donné par les gestionnaires. Lorsque vous faites preuve de conscience de vos propres limites, que vous faites des pauses, fixez des limites et parlez ouvertement du stress, votre équipe se sent autorisée à faire de même.

Voici quelques conseils pratiques :

  • Réfléchissez chaque semaine à ce qui vous revitalise ou vous épuise en tant que gestionnaire, et ajustez ce que vous pouvez.

  • Faites des pauses de deux à dix minutes pour la respiration ou le mouvement, afin de réduire le stress physiologique et d’améliorer la concentration.

  • Faites preuve d’autocompassion : les recherches montrent que les gestionnaires qui la pratiquent démontrent un jugement plus clair sous pression.

  • Planifiez des réunions de 50 minutes plutôt que 60, pour vous laisser. à vous et à votre équipe, le temps de décompresser entre les discussions.

 

4. Reconnaître les efforts

Les personnes qui traversent des difficultés liées à la santé mentale au travail décrivent souvent le sentiment que leurs efforts sont invisibles. Un simple « merci » aide, mais nommer des contributions précises et leurs effets est plus significatif et mémorable.

La reconnaissance publique compte aussi. Souligner les réalisations importantes devant l’ensemble de l’équipe renforce le sentiment d’appartenance. Célébrer les petites victoires en cours de route, et pas seulement à la fin d’un projet, maintient la motivation et le lien durant les périodes exigeantes.

 

5. Offrir un accès rapide et proactif à des soins pour la santé mentale

Lorsque le niveau de stress est élevé, la santé mentale peut se détériorer rapidement et accroître le risque d’épuisement professionnel. C’est pourquoi il est essentiel que votre équipe ait accès à des ressources de santé mentale de façon rapide et simple. Idéalement, votre programme de santé mentale en milieu de travail adoptera une approche proactive, qui permet de détecter les personnes à risque et d’intervenir tôt.

Par exemple, le programme Santé mentale+ de Dialogue offre autant de rendez-vous que nécessaire jusqu’à ce que les personnes se sentent de nouveau elles-mêmes. Des spécialistes en santé mentale et des médecins collaborent pour assurer les soins, pour un soutien qui tient compte de la personne dans son ensemble. Que ce soit pour des outils d’autosoins ou un accompagnement thérapeutique, l’accès est immédiat, sans attendre des semaines. Un accès plus rapide signifie un rétablissement plus rapide et moins d’arrêts de travail.

 

Utiliser les données pour prévenir l’épuisement professionnel

Les soins basés sur la mesure appliquent à la santé mentale la même logique que pour la santé physique : le suivi des résultats mène à de meilleures décisions et à une intervention plus rapide.

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Des outils comme les questionnaires PHQ-9 et GAD-7 fournissent des données objectives sur la dépression et l’anxiété. Le Résultat de bien-être dans l’application Dialogue propose également un court sondage confidentiel de cinq questions, élaboré et validé par l’Organisation mondiale de la Santé, pour suivre l’évolution du sommeil, de la concentration et de l’humeur au fil du temps.

Encouragez votre équipe à remplir le sondage sur le Résultat de bien-être régulièrement, ou envoyez un sondage anonyme pour prendre le pouls du groupe. Rassurez les personnes sur la confidentialité totale des résultats individuels, afin de favoriser la participation et la confiance. Lorsque des données agrégées sont disponibles, elles peuvent enrichir des conversations utiles sur la charge de travail et le soutien, sans jamais exposer de données individuelles.

 

Soutenir les équipes après des périodes de travail intensives

Après la conclusion d’un projet exigeant, les équipes vivent souvent une baisse post-accomplissement : fatigue temporaire, irritabilité ou faible motivation. Ce sont des réactions normales à un effort soutenu. Les organisations qui tiennent des bilans de projet efficaces améliorent la performance individuelle et collective d’environ 20 à 25 %. Un bilan qui aborde ce qui a bien fonctionné, ce qui a été difficile (sur le plan technique et émotionnel), comment l’équipe s’est entraidée et ce qu’elle ferait différemment transforme les efforts en apprentissages et renforce la résilience pour la prochaine étape.

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Questions fréquentes sur l’épuisement professionnel

Quelle est la différence entre le stress et l’épuisement professionnel?

Le stress est généralement à court terme et lié à une situation précise. L’épuisement professionnel résulte d’un stress chronique non résolu. Il se traduit par un épuisement émotionnel plus profond, un désengagement et un sentiment réduit d’efficacité qui ne disparaît pas une fois le facteur de stress immédiat éliminé.

Combien de temps dure le rétablissement après un épuisement professionnel?

Le temps de rétablissement varie selon la gravité. Un épuisement léger peut s’améliorer en quelques semaines avec du repos et une réduction des exigences. Les cas plus sévères prennent considérablement plus de temps. Des recherches montrent qu’environ une personne sur trois présente encore des symptômes d’épuisement après 18 mois.

Les gestionnaires peuvent-ils prévenir l’épuisement sans le soutien des RH?

Les gestionnaires constituent la première ligne de défense : des recherches montrent qu’ils ont une influence directe sur l’épuisement professionnel. Cela dit, une prévention durable exige un appui organisationnel : des ressources adéquates, des avantages sociaux en matière de santé mentale et des normes culturelles incarnées par la direction.

Quel rôle joue un programme d’avantages sociaux?

Un programme d’avantages sociaux donnant accès rapidement à des soins de santé mentale de qualité est l’un des investissements les plus directs qu’une organisation puisse faire. Des programmes proactifs comme Santé mentale+ de Dialogue offrent à votre équipe des soins qui tiennent compte de la personne dans son ensemble, avant que les problèmes ne mènent à un arrêt de travail, pour un rendement du capital investi de 13 fois l'investissement pour les organisations.

 

Agir avant que l’épuisement ne s’installe

Les organisations qui misent sur une communication honnête, des charges de travail équilibrées, la sécurité psychologique et des soins de santé mentale accessibles ne font pas que protéger leur équipe : elles créent les conditions d’une performance durable, d’un absentéisme réduit, d’un meilleur taux de rétention et d’une culture que les gens souhaitent rejoindre.

Le programme Santé mentale+ de Dialogue donne à vos employé(e)s un accès rapide aux soins du seul fournisseur de soins virtuels agréé au Canada. Le programme offre autant de rendez-vous de santé mentale que nécessaire jusqu’à ce que chaque personne se sente de nouveau elle-même, grâce à l’accompagnement de spécialistes en santé mentale et en santé physique. C’est le soutien dont votre équipe a besoin avant que l’épuisement ne s’installe.

 

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