Alors que les percées technologiques continuent de nous être bénéfiques dans de nombreux domaines (à commencer par la finance, l’éducation et le service à la clientèle), les soins de santé publics sont un domaine qui a mis du temps à réagir aux progrès modernes. Le système de santé canadien reste non seulement dépassé sur le plan de l’utilisation de la télémédecine, mais il se bat régulièrement pour trouver un équilibre entre des ressources insuffisantes et des restrictions budgétaires, face à une évolution des besoins et des attentes des patients.

L’élément clé qui ressort distinctement, lorsque nous examinons le rôle de la télémédecine dans les soins de santé au Canada, est que la télémédecine est une chose à laquelle nous désirons absolument adhérer. En fait, les recherches suggèrent que la majorité des Canadiens :

  • ont utilisé ou utiliseraient la télémédecine,
  • estiment que l’association de la technologie et des soins de santé peut aider à prévenir les maladies, et
  • considèrent les visites virtuelles comme la voie vers des soins plus rapides, plus pratiques et de meilleures qualités.

Alors, pourquoi le Canada a-t-il été si lent à adopter la télémédecine ? Selon le Dr Mark Dermer, directeur médical de Dialogue, responsable de la confidentialité et médecin en télémédecine, plusieurs facteurs entrent en jeu, mais le plus important est le défi de l’intégrer dans le domaine des soins de santé primaires.

Lisez un article plus approfondi ici Chevron-Right-Small-1 

 

Soins de santé primaires — Défi primaire

Selon le Dr Dermer, aujourd’hui, le plus gros problème auquel font face les Canadiens est le manque de ressources nécessaires pour fournir le type de soins de santé publics qui répondrait aux désirs et besoins de tout le monde.

Ce manque de ressources qui continue à se manifester par une accessibilité limitée nous fait constater que :

  • près de 16 % des Canadiens n’ont pas de fournisseur de soins de santé primaires (ce nombre atteignant plus de 25 % au Québec)
  • Parmi nous, 2 personnes sur 3 ont recours au service d’urgence local en dehors des heures régulières et les temps d’attente dans les départements d’urgence à travers le Canada sont estimés à 4 heures en moyenne.

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« La télémédecine a certainement la capacité de résoudre les problèmes d’accessibilité de ce pays », explique le Dr Dermer, « mais la principale raison pour laquelle les soins virtuels accusent un retard au Canada est le manque de fonds et d’infrastructures. »

À l’exception, par exemple, de la Colombie-Britannique où la télémédecine est en cours d’évaluation : les systèmes de paiement provinciaux pour les services médicaux ne s’étendent pas encore au remboursement de la télémédecine. De plus, même s’ils offraient le remboursement, il reste que les médecins, dans l’ensemble, sont très réticents au changement, dit le Dr Dermer. Selon son estimation, environ 20 % des médecins canadiens, seulement, sont convaincus de vouloir essayer la télémédecine.

Ceci est dommage, vu la distance que notre système de santé publique a encore à parcourir, d’autant plus que les services de télémédecine actuels bouleversent les soins de santé traditionnels dans des pays comme les États-Unis, grâce à des plateformes de soins avancées comme Dialogue, mais ils influencent également les régimes de soins de santé virtuels des entreprises, chez nous.


Télémédecine et soins de santé de l’employeur

Selon le Dr Dermer, l’utilisation de l’application Dialogue signifie que tout appareil mobile, situé dans n’importe quelle poche, peut désormais servir de lien de communication entre le patient et le professionnel des soins de santé. « En tant que médecin de télémédecine, je suis non seulement tout aussi susceptible de communiquer avec une personne dans le nord du Canada que de voir un patient de l’autre côté de la rue, mais je suis aussi en mesure de fournir des soins primaires pour de nouveaux problèmes. »

Ce qui représente d’excellentes nouvelles pour les employeurs.

  • En effet, si votre entreprise ressemble à beaucoup d’autres, vous êtes probablement activement à la recherche d’initiatives qui concernent la santé et le bien-être des employés et qui minimisent les coûts liés à la santé,
  • proposent des stratégies de santé préventives et
  • réduisent les demandes d’invalidité à court et à long terme.

La télémédecine a la capacité de satisfaire à toutes ces demandes, et ce, tout en donnant aux employés un meilleur accès aux types de soins de santé qui peuvent encore être difficiles à trouver dans le système public.

« Les entreprises avisées dépensent de l’argent là où cela leur rapportera le plus grand rendement du capital investi. Et, des services médicaux comme Dialogue ont le potentiel de rembourser plusieurs fois cet investissement aux entreprises », comme le dit si bien le Dr Dermer. 

Cette observation est particulièrement vraie en ce qui concerne l’escalade des coûts associés à la santé mentale en milieu de travail. Patient talking with doctor

En plus d’être très efficace pour fournir l’accessibilité aux soins généraux, la télémédecine est très efficace pour aborder, de manière précise, les soins de santé mentale. En fait, selon le Dr Dermer, les preuves suggèrent que les résultats en matière de santé mentale sont non seulement égaux, mais probablement meilleurs avec la télémédecine, car les patients ont plus de chances de rester en contact avec le prestataire de soins de santé.

« Se rendre à un rendez-vous chez le médecin quand vous êtes anxieux ou déprimé peut être un gros problème. Quels que soient les problèmes d’accessibilité que d’autres Canadiens rencontrent, les personnes souffrant de maladie mentale sont plus gravement affectées. La télémédecine est essentiellement l’équivalent d’une visite à domicile, sauf qu’elle nous permet de voir des patients dans plusieurs villes, à travers diverses provinces, au cours d’un même quart de travail. Les rendements et les avantages d’un tel système sont énormes. »

 

Où va la télémédecine à partir de là ?

Malgré les défis, le Dr Dermer croit fermement que la télémédecine a un avenir prometteur au Canada. « Même si le champ d’exercices que nous sommes en mesure de fournir aujourd’hui est encore limité, de nombreuses innovations sont en cours, dans de nombreux endroits : elles finiront par prendre le dessus. »

L’un des plus gros obstacles au développement des services de télémédecine actuels, semble-t-il, est l’absence de ce que le Dr Dermer appelle « coups de main » du côté du patient. La création d’un dispositif d’examen à domicile, fiable et précis, élargirait de manière efficace la gamme de services qu’un médecin peut fournir virtuellement.

Le Dr Dermer imagine quelque chose qui ressemblerait à un tensiomètre et qu’il décrit comme un dispositif tout-en-un que les patients pourraient :

  • insérer dans leur oreille pour faciliter un examen de l’oreille,
  • insérer dans leur bouche pour faciliter un examen de la gorge,
  • placer sur leur poitrine pour qu’il fonctionne comme un stéthoscope, et
  • guider au-dessus du ventre pour qu’il transmette une échographie.

En augmentant efficacement la variété des problèmes pouvant être traités — tout en respectant les normes de soins établies, et ce, de manière sécuritaire — le Dr Dermer affirme qu’il s’agit du type de technologie qui permettra à la télémédecine de passer à un niveau supérieur.  

« Je pense que les appareils connectés arrivent à grands pas. Et même si je pense qu’il y aura toujours une petite proportion de patients qui devront rester dans la même pièce qu’un médecin, nous pourrons éventuellement fournir la majorité des soins à distance. La question n’est pas de savoir si cela va arriver, mais plutôt de savoir quand cela va arriver. »