Les résultats d’une étude au Royaume-Uni sur les seuils de risque pour la consommation d’alcool ont récemment été publiés dans The Lancet. Les recommandations concernant la consommation d’alcool varient selon le pays. Aux États-Unis, la limite maximum recommandée pour les hommes est de 196 grammes par semaine, ce qui équivaut environ à 11 verres de vins standards ou pintes de bières. La limite maximum pour les femmes américaines est de 98 grammes par semaine. Le Canada et la Suède ont des limites recommandées similaires, mais en Italie, au Portugal et en Espagne, les limites de faible risque sont presque 50% plus hautes que celles des États-Unis. Ces différences s’expliquent par un manque de certitude quant aux risques associés à la consommation d’alcool et à la preuve reliant cela à une variété de problèmes cardiovasculaires.    

L’étude est basée sur 599 912 buveurs actuels dans 19 pays à revenu élevé, n’ayant pas d’historique de maladie cardiovasculaire ou de chirurgie associée. L’âge de chaque individu, le statut de fumeur, le sexe, l’historique et le diabète ont été pris en considération et des ajustements ont été faits si nécessaires. L’âge moyen des participants était de 57 ans. 44% des participants étaient des femmes et 21% étaient des fumeurs. Environ 50% de tous les participants buvaient plus de 100 grammes d’alcool par semaine, tandis que 8,4% buvaient plus de 350 grammes.     

L’étude détermine que la consommation d’alcool est liée à un plus haut risque d’accident vasculaire cérébral et de maladie coronarienne, excluant l’infarctus du myocarde, l’insuffisance cardiaque, la maladie hypertensive mortelle et l’anévrisme aortique mortel. Toutefois, une consommation d’alcool plus élevé est aussi associée à un risque moins élevé d’infarctus du myocarde. L’étude confirme la corrélation établie entre la consommation d’alcool et les cancers du système digestif. Les ajustements faits pour les fumeurs participants à l’étude ont aussi confirmé que la consommation d’alcool ne cause pas de cancer du poumon.    

En terme d’espérance de vie, ceux qui boivent entre 100 et 200 grammes par semaine, 200 à 350 grammes par semaine, ou plus de 350 grammes par semaine avaient une espérance de vie plus courte à 40 ans d’environ 6 mois, 1 à 2 ans, ou 4 à 5 ans respectivement que ceux qui buvaient jusqu’à 100 grammes par semaine. Les hommes buvant moins de 100 grammes par semaine avaient 1 à 2 années de plus d’espérance de vie à l’âge de 40 ans que ceux qui buvaient 196 grammes par semaine. Les femmes du même âge buvant plus de 112 grammes selon le seuil britannique ou plus de 98 grammes selon le seuil états-unien avaient une espérance de vie d’environ 1,3 année de moins que celles buvant moins que cela. L’étude suggère que les buveurs de bière ou de spiritueux, en plus des buveurs excessifs, avaient le plus haut risque lié à leur consommation d’alcool.      

L’étude conclut que le seuil pour un risque moins élevé en ce qui a trait à la consommation d’alcool se situe autour de 100 grammes par semaine. Cela est moins élevé que les recommandations dans plusieurs pays, ce qui devrait être ajusté en conséquence pour que les gens puissent boire de façon responsable et profiter d’une bonne santé.  

Alors si vous prenez plaisir à boire de temps à autre, assurez-vous que c’est avec modération et vous pourriez bien savourez votre boisson préférée pendant vos années d’âge d’or.

Chloe Eustache

Chloé est responsable de qualité clinique chez Dialogue. Diplômée de l'Université McGill en sciences infirmières, recherche et soins infirmiers cliniques, elle a travaillé à l'Hôpital général juif de Montréal et à l'Hôpital Mount Sinai en tant qu'infirmière clinicienne et coordonnatrice des soins palliatifs.